Sophie Kopetzki, comme le miroir du vin

Sophie Kopetzki, fondatrice d'Oenoconsult (crédit : Johan Gesrel.)

Sophie Kopetzki, fondatrice d’Oenoconsult (crédit : Johan Gesrel.)

Il est de ces rencontres précieuses comme seul le vin peut le provoquer. Sophie Kopetzki est œnologue et fondatrice d’Oenoconsult, une entreprise basée sur l’initiation et le coaching à travers le vin. Présente dans la région toulousaine depuis 10 ans, cette entrepreneur a réussi à faire rentrer son approche pédagogique dans des secteurs aussi divers que l’aéronautique et l’événementiel d’entreprise. Un concept qui marche et qui amène cette femme dynamique et obstinée à poursuivre l’aventure sous des formes très diverses avec l’aide de sommeliers et de chefs-restaurateurs.

MalolactiK – Comment est né ce concept que vous développez depuis maintenant 10 ans ?

Sophie Kopetzki – J’ai un parcours atypique car je suis à la base issue du secteur de la production viticole. Oenologue de formation et ingénieur en agriculture, j’étais une vraie passionnée des vinifications et de la qualité du produit. Et puis, j’ai pris conscience qu’il existe deux mondes qui ont du mal à se rencontrer : vous avez d’un côté les gens qui font du très bon vin et de l’autre côté les gens qui aiment boire ce vin, le déguster et l’apprécier. J’ai donc voulu être le train d’union, j’ai eu envie de partager cette passion et surtout d’expliquer aux gens ce qu’est le vin et de le rendre un peu plus accessible. J’ai une volonté d’éducation et de vulgarisation avec un message : « le vin c’est simple, on peut tous en parler ! ».

MalolactiK – A quoi ressemblaient vos première interventions ?

Sophie Kopetzki – J’ai commencé avec des formations auprès de particuliers. Ce retour d’expérience m’a tellement boosté que j’ai vraiment souhaité continuer. J’ai débuté à faire des petits séminaires pour Airbus et l’effet boule de neige s’est mis en place sur l’événementiel entreprise. C’est aujourd’hui le cœur de mon activité.

MalolactiK – Quelle est votre approche de la dégustation ?

Sophie Kopetzki – J’ai délibérément voulu avoir une démarche sensorielle et pédagogique où les gens découvrent la dégustation à travers leurs propres sens et à travers le jeu. Je mets en place des ateliers autour de la vue, des arômes, du goût, parce que je reste convaincue que l’on s’approprie quelque chose que l’on expérimente et que l’on ressent.

MalolactiK – Vos clients sont parfois de grands chefs d’entreprise. Sont-ils des dégustateurs comme les autres ?

Sophie Kopetzki – Ce qui est intéressant, c’est de rencontrer des gens qui ont beaucoup d’expérience en termes de dégustation de vins et parfois de grands vins. Lors de mes dégustations qui sont des moments partagés avec d’autres membres de l’entreprise, ils redeviennent un peu comme des enfants qui réapprennent des choses. Très souvent, ils me disent : « Merci, j’ai désormais un nouveau regard sur le vin. Ça fait des années que j’en déguste mais j’ai enfin compris. »

(Crédit : Johan Gesrel.)

(Crédit : Johan Gesrel.)

MalolactiK – Le vin est-il un vecteur de management ?

Sophie Kopetzki – Oui ! J’ai réalisé cela en travaillant notamment pour mes clients. Lors de de séminaires, je me suis rendu compte avec une directrice des ressources humaines qu’il s’agissait ici d’un véritable outil. Je me suis servi de ces ateliers pour créer des traits d’union entre les gens. A travers les sensations, on leur demande d’aller chercher leur spontanéité, de dire ce qu’ils ressentent. Ils redeviennent durant un temps des enfants. C’est un outil très puissant lors de réunions de cohésion. Vous savez, on travaille sur l’humain. Le vin est un peu une excuse pour que les gens s’ouvrent et se rencontrent sur un autre registre.

MalolactiK – Est-ce à dire qu’on peut casser la hiérarchie lors de ces rencontres ?

Sophie Kopetzki – Oui, lors des dégustations, nous sommes tous égaux face au vin. Au départ, on ne sait pas vraiment donc on nivelle. Ça permet à chacun d’exprimer ce qu’il ressent indépendamment de son niveau hiérarchique.

MalolactiK – Vous exercez dans la région toulousaine, cela veut-il dire que vous favoriser les vins du Sud-Ouest ?

Sophie Kopetzki – Oui, j’y accorde une grande part. Je travaille justement en collaboration avec l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest, ce qui m’a permis de découvrir encore plus ces vins et cette immense richesse et cette diversité qui me donnent envie de le partager. Donc effectivement, je mets énormément de vins du Sud-Ouest dans mes dégustations.

MalolactiK – Quelques préférences ?

Sophie Kopetzki – J’essaye de rester juste car il y a de bons produits dans chacune des appellations. Je suis toujours ennuyée quand on me demande quel est mon vin préféré parce que j’ai plein de coups de cœur dans chaque AOC. J’essaie d’abord de mettre en valeur des hommes et de transmettre le travail qu’il y a derrière ces produits là, le travail en lien avec la nature, etc…

MalolactiK – Est-ce facile d’imposer un vin du Sud-Ouest dans ces séminaires ou est-ce que les entreprises demandent en priorité des vins plus prestigieux comme Bordeaux et des Bourgogne ?

Sophie Kopetzki – Cela a changé. Je pense que les gens ont envie aujourd’hui de découverte et j’ai la grande chance qu’ils me fassent confiance sur le choix des vins. Donc je n’ai pas vraiment de souci pour imposer des vins du Sud-Ouest. Souvent, ils sont convaincus par la qualité des produits et ils sont heureux d’avoir découvert autre chose que des Bordeaux et des Bourgogne.

[Propos recueillis par Johan Gesrel]

Oenoconsult – Oenoevent

www.oenoconsult.fr

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