Dans la famille Chapoutier, je demande l’arrière-grand-père !

N’ayons pas peur des mots : Jean-Charles Chapuzet est un récidiviste. Après avoir écrit un premier livre consacré à Michel Chapoutier, le journaliste écrivain (auteur par ailleurs de « Cahors, le roman du vin noir » chez Féret) consacre ici un second chapitre à ce qu’on pourrait désormais appeler une saga familiale. « Des nouvelles de Marius Chapoutier ? » retrace l’histoire sensible et personnelle de l’arrière-grand-père, négociant en vin à Tain-l’Hermitage. Un roman inspiré de faits réels. Interview de l’auteur.

Malolacti[K] – Comment avez-vous été amené à rencontrer ce personnage de Marius Chapoutier ?

Jean-Charles Chapuzet – Le point de départ remonte à un premier livre que j’avais écrit en 2009 sur Michel Chapoutier, l’arrière-petit-fils de Marius, où il s’agissait de parler de son domaine, de son histoire. Au cours de nos échanges, Michel voulait mettre en avant son arrière-grand-père qu’il n’a jamais connu même si on lui disait qu’il lui ressemblait terriblement en tant qu’épicurien averti. Et donc nous avons émis l’idée de retracer son histoire sachant que les écrits personnels de Marius avaient été conservés aux archives de Valence, dans la Drôme. Là, on s’est dit qu’il y avait une matière entre le travail de roman et d’historien.

Malolacti[K] – En quoi l’histoire de Marius Chapoutier, négociant en vin de Tain-l’Hermitage, est-elle romanesque ?

Jean-Charles Chapuzet – Le roman, c’est l’invention et l’intuition. Ici, j’ai décidé de replacer tous les faits réels et historiques dans leur contexte. Au fur et à mesure des recherches, j’ai trouvé beaucoup de choses comme des correspondances privées ou d’ordre économique. Et puis plus j’avançais, plus les recherches historiques nourrissaient mon roman.  J’ai essayé de m’inspirer de tout cela et de sentir le personnage. En définitif, c’est un roman mais avec des moments vécus et des témoignages, notamment lorsque je cite une lettre assez difficile que Marius a écrit sur la perte de son enfant qui n’avait que 16 ans.

Malolacti[K] – Et le vin dans tout ça ? Est-ce que la marque Chapoutier aurait pu exister sans ce personnage de Marius ?

Jean-Charles Chapuzet – Non clairement. C’est vraiment Marius Chapoutier qui lance l’aventure et le nom. Le père de Marius avait déjà fait un petit peu de négoce mais l’affaire ne s’était pas pérennisée. C’est vraiment Marius Chapoutier qui est le grand pionner de la maison.

Malolacti[K] – En quoi était-il visionnaire à l’époque ?

Jean-Charles Chapuzet – Je ne sais pas s’il était en avance sur son temps mais Marius était quelqu’un de très dynamique. On retrouve les valeurs défendues par Michel Chapoutier comme le travail mêlée au plaisir avec aussi cette envie de conquête du monde. Je retiendrai le fait de croire en ses vins, de faire du qualitatif à l’époque de l’entre-deux-guerres où ce n’était pas toujours le cas, avoir conscience des terroirs. Marius était amoureux de la Vallée du Rhône mais aussi des Banyuls, des Bourgogne. Il y a l’envie de bien faire, d’être fier de son produit sachant que ça devenait un produit de savoir-vivre. Aujourd’hui ça paraît une banalité mais ça ne l’a pas toujours été.

Malolacti[K] – Les lecteurs qui ne s’intéressent pas au vin vont-ils quand même s’intéresser à Marius Chapoutier ?

Jean-Charles Chapuzet – J’espère ! (Rires). Je pense que certains vont venir au livre et découvrir Chapoutier. D’autres évidemment sont déjà acquis et connaissent déjà bien Michel Chapoutier. Ceux-là vont aller vers le livre…et à la cuvée ! Car Michel Chapoutier a sorti parallèlement deux cuvées de vins blancs et rouges signées « Marius ». J’espère que l’amateur de vin aura autant de plaisir à déguster le livre que la bouteille qui lui correspond.

Malolacti[K] – En tant qu’historien, journaliste spécialisé dans le vin, qu’est-ce qui vous a plus particulièrement touché dans ces recherches  et dans l’écriture de ce livre ?

Jean-Charles Chapuzet – Je vais être franc, c’est d’abord une aventure sensible. On travaille d’abord sur un personnage. Plus on s’approche de lui, plus il devient attachant. On découvre des joies mais aussi des tragédies, des bonheurs, des malheurs, etc… Donc là, on n’est pas dans le roman pur où des personnages sortent de nulle part. Marius a réellement existé. Et en rencontrant ses descendants, les cousins éloignés de Michel Chapoutier, j’ai réellement pu voir la transmission, le patrimoine génétique, le côté artistique, le côté vigneron… Bref, tous ces traits de caractère.

Malolacti[K] – En deux livres, vous vous êtes intéressé à l’arrière-grand-père et à tous ses descendants. Du coup, vous êtes devenu aujourd’hui LE spécialiste de la maison Chapoutier, non ?

Jean-Charles Chapuzet – (Rires). Oui, je commence à faire partie de la famille ! Plus sérieusement, c’est vrai qu’on est très ami avec Michel Chapoutier mais aussi son épouse qui est une actrice plus discrète de la maison, ainsi que leurs deux enfants qui sont aussi brillants. Je ne me fais pas de souci pour la suite de l’histoire. Alors pour vous répondre, oui j’ai écrit deux livres sur eux. Je vais désormais passer à autre chose mais c’est vrai que dans ma vie ça restera important l’aventure Chapoutier.

« Des nouvelles de Marius Chapoutier ? » paru aux éditions Glénat. 125 pages, 12,95€.

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