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Exclusif Malolacti[K] – François Hollande donne sa vision du vin en France : « Nous avons un potentiel de développement considérable ! »

Posted in Actualité, Rencontre with tags , , , , , , , , , on 30/09/2011 by malolacti[K]

François Hollande, à la Villa Malbec de Cahors (crédit : Johan GESREL)

Le député socialiste corrézien François Hollande mène campagne actuellement dans le cadre des Primaires Citoyennes dont le vote aura lieu les 9 et 16 octobre prochains. Favori des sondages, pressenti pour peut-être accéder à l’Elysée, François Hollande était vendredi 30 septembre à Cahors pour visiter la Villa Malbec. Lors d’une rencontre avec la presse, François Hollande s’est confié à malolacti[K]. Ils nous raconte son parcours personnel avec le vin et nous donne sa vision sur l’avenir de la filière.

Johan Gesrel – Malolacti[K] – François Hollande, quelle est votre première rencontre avec le vin ?

François Hollande – Il y a d’abord le premier vin que mes parents m’ont fait goûter. C’est un Bourgogne, je m’en souviens encore…et c’était une découverte pour moi qui était habitué au « Pschitt » et au « Coca-Cola ». Quand on a 10-12 ans, ce breuvage, le vin, paraît extravagant, et donc c’est un apprentissage ! Mes parents m’ont éduqué pour que le vin soit un produit respecté, c’est-à-dire un produit de qualité. Je n’ai jamais eu de mauvais vin à table même si souvent dans des familles ça peut arriver. Moi, j’ai toujours eu, grâce à mes parents, une éducation œnologique qui a fait que je ne buvais pas beaucoup de vin lorsque j’étais jeune, pas davantage aujourd’hui. A table, c’était des bons vins de table ou de bonnes appellations qui m’étaient servis.

Johan Gesrel – Malolacti[K] – Vous dîtes ne pas vouloir modifier la loi Evin que vous avez votée en son temps. Que faites-vous de ce paradoxe qui fait qu’à l’étranger, on associe la France au vin, alors qu’en France, dès qu’on évoque le vin dans les médias, on court le risque de tomber dans une dérive propagandiste comme le stipule la loi ?

François Hollande – Oui, c’est vrai. Ce que je veux dire, c’est que cette loi existe. Elle a eu sa vertu, elle a eu ses limites et elle peut avoir ses contraintes.  Mais vaut mieux essayer dans ce cadre là de promouvoir le vin à travers d’autres méthodes comme la gastronomie, le terroir,  l’image, etc…ce que nous faisons déjà, y compris sur le plan publicitaire, de sorte à ce que nous puissions voir le vin non pas comme un alcool, ce qu’il est nécessairement, mais comme un élément du savoir-vivre, de la qualité de la vie. Et c’est comme ça qu’on pourra y arriver. Et c’est pour ça que je ne suis pas favorable à ce qu’il y ait un débat législatif….

Johan Gesrel – Malolacti[K] – Mais il y a des télévisions, des médias qui aimeraient se créer autour du vin et le Conseil supérieur de l’audiovisuel les y empêche au nom de cette loi Evin ? Que faîtes-vous de ça ?

François Hollande – Oui je sais…Faisons autre chose. Faisons des télés gastronomiques ! Ou l’art de la table, ça existe vous savez des chaînes thématiques sur la cuisine. Et bien quand on prépare un plat, on peut dire avec quoi il s’accompagne, c’est beaucoup plus efficace.

Johan Gesrel – Malolacti[K] – Aujourd’hui, vous rendez visite à Cahors, une des plus petites interprofessions de France qui a choisi d’opérer sa propre stratégie à l’export au détriment de l’Interprofession des Vins du Sud Ouest dont elle devrait dépendre. Comment vous regardez toutes ces interprofessions ?

François Hollande – D’abord, je tiens à dire que les interprofessions sont utiles. C’est un moyen de créer une solidarité, de moderniser, de promouvoir…donc il faut avoir du respect pour cette démarche. Après, il ne faut pas que ce soit trop gros sinon on perd l’identité. Or, c’est très important l’identité, le lien avec un territoire. Donc je pense ici, à Cahors, que c’était très important de garder je dirais sa souveraineté. Mais, si on veut favoriser l’exportation il faut rester dans une certaine dimension interprofessionnelle qui puisse avoir du sens et de la force.

(Crédit : Johan GESREL)

Johan Gesrel – Malolacti[K] – En tant que candidat à ces élections présidentielles et donc possible futur chef d’Etat, avez-vous pris conscience de ce potentiel économique à l’export ? 6 milliards d’euros chaque année, l’équivalent de 200 avions Airbus, a souligné le maire de Cahors, Jean-Marc Vayssouze. Ça vous parle ?

François Hollande – Oui bien sûr. On pourrait aussi parler du Champagne qui reste un élément très important dans l’exportation, le Cognac qui est en plein développement en ce moment, et le vin, toutes appellations confondues ! Parce qu’à force, les pays émergeants vont atteindre des niveaux de développement. Ils vont découvrir non pas le vin, ils le connaissent déjà, mais les appellations, la qualité. Donc nous avons un potentiel de développement considérable ! A condition bien sûr d’accompagner les producteurs, les viticulteurs vers l’exportation et ce n’est pas facile de pénétrer certains marchés.

Johan Gesrel – Malolacti[K] – si demain vous êtes élu, est-ce que vous continuerez à boire du vin devant les autres comme vous le faîtes en ce moment ?

François Hollande – Vous pourrez toujours dire que vous m’avez vu en boire ! Vous pourrez en témoigner, hein ! Tiens, vous pourrez même dire que vous m’avez vu en reprendre !  [François Hollande se sert effectivement un autre verre de Cahors. Un "Clos Triguedina" 2005. ndlr].

François Hollande déguste le vin de Cahors, un Clos Triguedina 2005. (Johan GESREL.)

Vin et télévision ou le cache-cache hypocrite

Posted in Actualité with tags , , , , , , , , on 10/05/2011 by malolacti[K]

On a beau dire que la France est le pays du vin, difficile pour un étranger de s’en apercevoir à la simple vision des programmes télés. Qu’elles soient publiques ou privées, la plupart des anciennes chaînes hertziennes et aujourd’hui numériques freinent des deux pieds lorsqu’on leur propose de diffuser une émission ou des chroniques relatives à cette soit disant fierté nationale qu’est le vin. La faute à qui ?

Tout d’abord à cette fameuse loi Evin votée en janvier 1991. Formulée par le ministre socialiste de la Santé Claude Evin, cette loi a été conçue comme un rempart dans la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme en France et dont voici un extrait :

« Est considérée comme propagande ou publicité indirecte la propagande ou publicité en faveur d’un organisme, d’un service, d’une activité, d’un produit ou d’un article autre qu’une boisson alcoolique qui, par son graphisme, sa présentation, l’utilisation d’une dénomination, d’une marque, d’un emblème publicitaire ou d’un autre signe distinctif, rappelle une boisson alcoolique. »

© Jean-Claude Roca / Telecip

A ce stade, difficile alors de parler de la qualité d’un vin, de son terroir, d’un producteur sans tomber sous le coup de la loi. Une épée de Damoclès qui pèse sur les chaînes de télévision qui se limitent alors à émettre, parfois, des reportages les moins explicites possibles dans leurs journaux. Du côté de la fiction, même problème. Parmi les récentes initiatives, on notera la diffusion d’un téléfilm sur France 3 au mois de février 2011. Intitulé « Les larmes de Pasquin », ce long-métrage est directement inspiré d’une suite de romans policiers « Le sang de la vigne » (Fayard) écrits par le journaliste Jean-Pierre Alaux. Il met en scène le comédien Pierre Arditi jouant Benjamin Lebel, un œnologue lancé dans une intrigue viticolo-policière. « On a du changé le titre de ce premier téléfilm qui est une adaptation de Saint-Pétrus et le seigneur car à la télévision on ne peut même pas citer de noms de vin sans se faire taper sur le doigts », commente Jean-Pierre Alaux. Malheureusement, l’exercice de jonglage reste difficile. La preuve avec cette scène où, Pierre Arditi est attablé en train de manger « une lamproie » à la bordelaise. A proximité de l’assiette un verre d’eau, une carafe d’eau et une autre carafe vide dont on se demande ce qu’il pouvait bien y a voir dedans…

« Gran Reserva », l’exemple espagnol

Autre exercice cette fois-ci du côté de l’Espagne où une série produite par la télévision publique est en train de connaître un énorme succès : « Gran Reserva ». La deuxième saison diffusée en ce moment sur la RTVE vient de recevoir la médaille de bronze du Festival international de cinéma et de télévision à New-York. Voici ci-dessous la bande-annonce d’un des épisodes, en version originale.

Créé par Ràmon Campos et Gema R. Neira, « Gran Reserva » met en scène l’histoire de deux familles de vignerons de La Rioja, une des plus grandes et célèbres régions viticoles espagnoles. D’un côté, les Cortàzar : riches, présomptueux, ayant la main mise sur tous les petits producteurs de la Rioja, prêts à trafiquer. De l’autre, les Reverte : modestes, endettés, bénéficiant de l’avis positif des critiques de guide. Si les premiers épisodes tournés près de Logroño montrent effectivement l’antagonisme des personnages dans leur façon de faire le vin et d’aborder la vigne, le scénario se tourne très vite sur les histoires personnelles et sentimentales des héros, au point de faire passer le vin au second voire au troisième plan. Dommage, car les images du début, avaient le don de susciter l’envie d’ouvrir une bouteille ou du moins de garder quelques unes dans notre cave en attendant la prochaine bonne occasion. On y voit en effet des verres remplis, des flacons anciens, bref des scènes plus crédibles au sens oenophile du terme. Pourtant, nos voisins ont eux aussi adopté une loi semblable à la Loi Evin en 1988 qui impose à peu de chose prêt les mêmes restrictions.

A quand alors la fin de l’hypocrisie ? Peut-on parler de vin sans tomber dans l’apologie éthylique ? Le débat reste ouvert. Je vous propose de regarder cette vidéo diffusée sur LCI au moment de l’ouverture malheureusement avortée de la chaîne Edonys créée par Jean-Michel Peryonnet, l’ancien rédacteur en chef de la Revue Vinicole Internationale.

Cliquez ci-dessous :

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